Les hiragana en bref
Les hiragana sont l'un des deux syllabaires du japonais, avec les katakana. Chaque signe note une syllabe, comme か (ka) ou し (shi), ou une voyelle seule, comme あ (a). Il en reste 46 en usage aujourd'hui. Avec deux petits signes, le dakuten (゛) et le handakuten (゜), on en tire 25 de plus, et les petits ゃ, ゅ et ょ forment des sons combinés comme きょ (kyo).
C'est aussi l'écriture que l'on croise le plus. Nous avons compté les caractères de 448 939 phrases japonaises : les hiragana font 63 % des caractères dans des phrases de tous les jours, et environ 40 % dans la presse ou sur Wikipédia, plus que les kanji (29 à 36 %). Ils servent aux particules (は, を, に), aux terminaisons des verbes (食べました, tabemashita), aux mots qui n'ont pas de kanji et aux furigana, ces petites lectures écrites au-dessus des kanji.
On peut voir les 46 signes en une journée. Les retenir est une autre affaire : comptez deux semaines de révisions courtes, et c'est souvent là qu'on cale. Ce guide donne le tableau complet, l'ordre dans lequel les apprendre pour lire plus vite, puis un plan de 14 jours qui prévoit les révisions à votre place.
Le tableau des 46 hiragana
Le tableau se lit ligne par ligne, dans l'ordre des dictionnaires japonais : d'abord les cinq voyelles, puis les syllabes en k, s, t, n, h, m, y, r et w, et enfin ん.
Les lettres latines suivent le système Hepburn, pensé pour des anglophones. Lues à la française, plusieurs vous trompent. Voici comment les prononcer :
Trois hiragana changent de lecture quand ils servent de particule : は se dit wa (わたしは, watashi wa), へ se dit e et を se dit o.
Les 25 hiragana avec dakuten et handakuten
Deux petits traits (゛, le dakuten) rendent la consonne sonore : k devient g, s devient z, t devient d et h devient b. Un petit rond (゜, le handakuten) change h en p. Aucune nouvelle forme à apprendre : vous reconnaissez le signe de base, il suffit de retenir la règle.
ぢ et づ se prononcent comme じ et ず. Ils sont rares : dans nos 2,6 millions de hiragana de phrases courantes, ぢ n'apparaît que 16 fois.
Sons combinés, petit っ et voyelles longues
Un petit ゃ, ゅ ou ょ placé après un hiragana en i fusionne avec lui : き + ょ donne きょ (kyo), comme dans きょう (kyō, aujourd'hui). Cela fait 33 combinaisons courantes.
Le petit っ double la consonne qui suit et marque une courte pause : きって (kitte, le timbre), ちょっと (chotto, un peu). Ce n'est pas un détail : c'est le 14e hiragana le plus fréquent dans nos comptages.
Les voyelles longues s'écrivent en ajoutant une voyelle : おかあさん (okāsan, la mère), おにいさん (onīsan, le grand frère). Pour o et e, on ajoute le plus souvent う et い : おとうさん (otōsan, le père) se dit avec un o long, et せんせい (sensei, le professeur) se termine par un é long, pas par « séï ».
Quels hiragana reviennent le plus souvent ?
Les guides font apprendre les hiragana dans l'ordre du tableau, あいうえお en premier. Cet ordre range bien un dictionnaire, mais il ne dit rien de ce que vous allez lire. Nous avons donc compté, dans trois corpus ouverts de styles différents : 248 939 phrases du quotidien de Tatoeba, 100 000 phrases de presse (2020) et 100 000 phrases de Wikipédia (2021) de la Leipzig Corpora Collection. Au total, 6 036 034 hiragana.

Les 20 hiragana les plus fréquents, en moyenne sur les trois corpus. Données : Tatoeba (CC BY 2.0 FR), Leipzig Corpora Collection (presse 2020, Wikipédia 2021) ; calculs Mindomax, 22/10/2026. Graphique : Mindomax.
Le résultat est très concentré. の (no), la particule du complément du nom, représente à lui seul 7,66 % de tous les hiragana, et près de 9 % sur Wikipédia. Les dix premiers (の, い, に, は, た, る, し, を, て, と) font 46 à 53 % des hiragana d'un texte selon le corpus, les vingt premiers 72 à 77 %. Ce sont surtout des particules et des terminaisons de verbes, la colle de chaque phrase.
À l'autre bout, plusieurs signes du tableau sont rares, parce que les mots qui les contiennent s'écrivent presque toujours en kanji : ぬ (0,02 %), ふ (0,04 %), ゆ (0,05 %), ひ (0,07 %) et む (0,11 %). ね dépend du style : rare dans la presse (0,09 %), il est plus de trois fois plus fréquent dans les phrases du quotidien (0,31 %), car il sert aussi de petite particule en fin de phrase à l'oral (いいね, ii ne, c'est bien, hein). Quant à ゐ et ゑ, encore imprimés sur de vieux tableaux, ils ne servent plus : 18 et 3 occurrences sur 2,6 millions de hiragana.
Une limite à garder en tête : nous avons compté des signes, pas des mots, et les phrases de Tatoeba sont écrites par des bénévoles, souvent traduites d'autres langues. Mais les trois corpus s'accordent sur l'essentiel : の, に, は, い, た, し et を sont dans les dix premiers de chacun.
Le plan de 14 jours
Le plan suit cet ordre de fréquence, en regroupant chaque signe avec ses variantes : が se lit dès que vous connaissez か, donc か compte avec が. La première semaine, six ou sept nouveaux hiragana par jour ; ensuite les règles ; à la fin, des révisions seules.
Chaque jour, commencez par les révisions prévues, puis seulement les nouveaux signes. Un groupe revient le lendemain, trois jours plus tard, puis une semaine plus tard. Un signe raté revient dès le lendemain.

Ce que vous savez lire à la fin de chaque jour, en moyenne sur les trois corpus ; l'écart entre corpus ne dépasse pas 4,3 points. Reconnaître un signe ne veut pas dire comprendre le mot. Calculs Mindomax, 22/10/2026. Graphique : Mindomax.
Dès le premier soir, avec sept signes, vous reconnaissez plus d'un hiragana sur trois dans un texte. Au troisième jour, sept sur dix. Les derniers signes de base rapportent peu (de 85,4 à 85,8 % le septième jour), mais sans eux certains mots restent illisibles : ぬ est rare, et pourtant il est dans いぬ (inu, le chien). Le huitième jour fait gagner 11,5 points d'un coup, parce que les 25 signes voisés réutilisent des formes que vous connaissez déjà.
Pourquoi les révisions comptent plus que l'astuce
Les images mnémotechniques aident vraiment au début. Dans une petite étude américaine, 21 adultes ont appris dix hiragana, cinq avec une image et cinq sans. Juste après la leçon, ils associaient 4,29 signes sur 5 au bon son avec l'image, contre 1,43 sans. Deux semaines plus tard, sans aucune révision entre-temps, il en restait 1,24 sur 5, et 0,14 sans image (Thompson et Wakefield, 1996). Les auteurs parlent eux-mêmes d'une « petite étude », présentée en congrès, dont l'effet était surtout de court terme. Autre détail : leurs images étaient pensées pour l'anglais. し y devient la chevelure d'une fille, « she », un jeu de mots qui ne marche pas en français. Fabriquez vos propres images.
La leçon : une astuce pour fixer la forme, puis des rappels espacés pour la garder. Se tester vaut mieux que relire. Dans une expérience publiée dans Science, relire des mots déjà appris n'a rien changé au test final, alors que continuer à se tester a nettement amélioré le rappel (Karpicke et Roediger, 2008). Une synthèse de 317 expériences montre aussi que l'écart idéal entre deux révisions grandit avec la durée pendant laquelle on veut retenir (Cepeda et al., 2006). C'est ce que fait le plan : un jour, puis trois, puis sept.
Deux résultats concernent directement les kana. Des étudiants qui travaillaient avec un logiciel faisant entendre chaque kana et montrant l'animation de son tracé ont reconnu les hiragana environ deux fois plus vite que ceux qui travaillaient sur papier (Geraghty et Quinn, 2009). Et chez 61 débutants, ajouter le rōmaji sous les mots n'a pas aidé à retenir le vocabulaire, alors que l'écoute des enregistrements allait de pair avec plus de mots retenus (Okuyama, 2007). En pratique : écoutez chaque signe, et lâchez le rōmaji dès que possible.
Les hiragana qui se ressemblent
Certains hiragana se ressemblent assez pour se confondre au début. Dans le plan, la plupart tombent sur des jours différents ; une fois les deux appris, comparez-les avec ce tableau.
Une fois les deux signes connus, ajoutez quelques cartes qui les opposent, du type « lequel est ね ? » : c'est là que la différence finit par sauter aux yeux.
Les outils pour s'entraîner
Un tableau sur papier suffit pour apprendre, pas pour réviser au bon moment. Voici cinq outils vérifiés le 22/10/2026, avec ce qu'ils coûtent en France.
Méfiez-vous des listes d'applis recopiées d'année en année. Plusieurs applis de kana bien notées ne sont plus mises à jour depuis plus d'un an, comme MARU (dernière mise à jour en août 2024) ou Hiragana Memory Hint de la Japan Foundation (novembre 2023). Et l'un des premiers résultats Google pour « hiragana » conseille encore MindSnacks, introuvable sur l'App Store français le 22/10/2026. Pour d'autres applis de cartes adaptées au japonais, voir notre comparatif (en anglais).
Et après les hiragana ?
Les katakana notent les mêmes sons et servent aux mots venus d'autres langues, comme テレビ (terebi, la télévision). Le même plan s'applique, en plus court, puisque vous connaissez déjà les sons. Viennent ensuite les kanji et le vocabulaire : des milliers de cartes, impossibles à revoir au bon moment sans planning. Pour comprendre le principe, lisez notre guide de la répétition espacée, la courbe de l'oubli et la méthode des J pour caler vos révisions.
Si vous ne voulez pas recopier ces tableaux à la main, collez-les dans Mindomax : l'appli en fait des cartes et planifie les révisions pour vous, et vous pouvez l'essayer gratuitement.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de hiragana ?
46 signes de base. Le dakuten et le handakuten en ajoutent 25 (が, ぱ...), et les petits ゃ, ゅ et ょ forment 33 combinaisons comme きょ. Deux anciens signes, ゐ et ゑ, figurent encore sur certains tableaux mais ne servent plus.
Combien de temps faut-il pour apprendre les hiragana ?
On peut voir les 46 signes en une journée. Pour les reconnaître sans hésiter, comptez environ deux semaines avec des révisions courtes, comme dans le plan de cet article. Sans révision, une grande partie s'oublie en deux semaines, même avec de bonnes astuces.
Quelle est la différence entre hiragana et katakana ?
Ils notent les mêmes sons. Les hiragana servent aux mots japonais, aux particules et aux terminaisons ; les katakana aux mots venus d'autres langues, aux noms étrangers et à la mise en relief, un peu comme notre italique.
Faut-il apprendre les hiragana ou les katakana en premier ?
Les hiragana. Ils sont bien plus fréquents : dans nos comptages, 40 à 63 % des caractères d'un texte japonais sont des hiragana, contre 7,5 à 16 % de katakana.
Quel est l'alphabet le plus utilisé au Japon ?
En nombre de caractères, ce sont les hiragana : 63 % dans des phrases du quotidien, environ 40 % dans la presse et sur Wikipédia, contre 29 à 36 % pour les kanji. Le japonais mélange toujours les trois écritures, souvent dans la même phrase.
Quand utilise-t-on le hiragana ?
Pour les particules (は, を, に), les terminaisons des verbes et des adjectifs après un kanji, les mots sans kanji ou dont le kanji est rare, et les furigana qui donnent la lecture d'un kanji.
Faut-il apprendre à écrire les hiragana ?
Pour lire, la reconnaissance suffit au début. Écrire chaque signe quelques fois aide à fixer sa forme et l'ordre des traits. Dans une étude, des débutants qui voyaient l'animation du tracé ont même appris à les écrire sans leçon d'écriture.
Peut-on apprendre les hiragana avec le rōmaji ?
Le rōmaji aide à lire le tableau le premier jour, guère plus. Une étude sur 61 débutants n'a trouvé aucun bénéfice à l'ajouter sous les mots, alors que l'écoute de l'audio allait de pair avec de meilleurs résultats.




